{"id":225,"date":"2021-06-04T12:11:53","date_gmt":"2021-06-04T12:11:53","guid":{"rendered":"https:\/\/chaotidien.wordpress.com\/?p=225"},"modified":"2021-06-04T12:11:53","modified_gmt":"2021-06-04T12:11:53","slug":"les-loges-de-la-survivance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chaotidien.fr\/?p=225","title":{"rendered":"Les loges de la survivance"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;<em>En el fondo de la pecera, sobre una arena muy fina, reposaban miniaturas de barcos, trenes y aviones, ordenados de tal forma que simulaban cat\u00e1strofes, infortunios detenidos en un mismo tiempo artificial, por encima de los cuales circulaban indiferentes algunos peces rojos.&nbsp;<a href=\"#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Roberto Bola\u00f1o, <em>Monsieur Pain<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au fond d&#8217;un aquarium, dans un caf\u00e9 presque d\u00e9sert d&#8217;une ruelle parisienne de la fin des ann\u00e9es 30, gisent quelques miniatures r\u00e9alis\u00e9es avec une pr\u00e9cision infime par deux jeunes artistes. Ils sont anim\u00e9s du d\u00e9sir de partir \u00e0 New York, et d&#8217;y vivre la grande aventure de l&#8217;art et de la reconnaissance par leur art&nbsp;; A paris, ils vivent trop chichement. Assur\u00e9ment, ces reproductions de train, voitures et autres avions en plomb, d&#8217;une grande fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 leurs mod\u00e8les fonctionnels et pourtant vou\u00e9s \u00e0 un \u00e9ternel repos au fond d&#8217;une cage \u00e0 poissons, donnent \u00e0 l&#8217;observateur attentif un sentiment troublant, m\u00e9langeant tristesse et plaisir. Ce dernier ne peut s&#8217;emp\u00eacher de songer \u00e0 ce qui a bien pu provoquer le d\u00e9raillement des uns, ou la chute des autres. La nature oc\u00e9anique, ou du moins sa copie r\u00e9duite \u00e0 quelques algues et poissons rouges dans les alv\u00e9oles de fragments de roches poreuses, semble quant \u00e0 elle indiff\u00e9rente au destin p\u00e9trifi\u00e9 de ces symboles d&#8217;une civilisation de progr\u00e8s qui continue cependant \u00e0 grandir au del\u00e0 des parois de verre. Se rapprochant plus encore, pour n&#8217;avoir plus comme panorama que l&#8217;int\u00e9rieur de ce monde semi-inerte, le spectateur sera intrigu\u00e9 par la pr\u00e9sence de petits points noirs au sol, qui ne sont ni des cailloux ni des d\u00e9f\u00e9cations de cr\u00e9atures sous-marines. Il distinguera alors des t\u00eates. Des t\u00eates humaines. Soit qu&#8217;elles ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es et reposent le long de la locomotive bleu ciel, de marque allemande, \u00e0 quelques centim\u00e8tres de l\u00e0, soit qu&#8217;elles sont encore attach\u00e9es \u00e0 leur corps d&#8217;appartenance eux m\u00eames enfouis dans la vase et le sable. <em>\u00ab&nbsp;Un reguero de cad\u00e1veres, pero ninguno, en el interior del tren, que, salvo por el desgaste del agua, permanecia inc\u00f3lume.&nbsp;\u00bb <\/em>Il n&#8217;y a aucun<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> cadavre \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du train, qui, en dehors d&#8217;une l\u00e9g\u00e8re usure li\u00e9e au s\u00e9jour prolong\u00e9 dans l&#8217;eau, demeure immacul\u00e9, indemne, et forme une sorte de prolongement m\u00e9canique, mais humain, \u00e0 une \u00e9ternit\u00e9 recr\u00e9\u00e9e dans un monde clos.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Monsieur Pain <\/em>est un court roman de Roberto Bola\u00f1o publi\u00e9 en 1999, soit quelques ann\u00e9es avant sa mort. C&#8217;est un r\u00e9cit \u00ab&nbsp;fictionnel&nbsp;\u00bb des derniers jours, pr\u00e9c\u00e9dant la mort d&#8217;un autre \u00e9crivain et po\u00e8te sud-am\u00e9ricain, celle de C\u00e9sar Vallejo en 1938 \u00e0 Paris. Ce qui m&#8217;int\u00e9resse ici n&#8217;est pas vraiment l&#8217;histoire des moments ultimes de ce po\u00e8te p\u00e9ruvien, ou plut\u00f4t de la vie de celles et ceux qui l&#8217;ont c\u00f4toy\u00e9 alors, et tels que Bola\u00f1o les a imagin\u00e9s \u00e0 partir d\u2019\u00e9v\u00e9nements ayant r\u00e9ellement eu lieu, mais ce que j&#8217;imagine \u00eatre \u00e9voqu\u00e9 par Bola\u00f1o \u00e0 travers eux de ses probables derniers moments de citoyen chilien s&#8217;il n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 in extremis, par des \u00ab&nbsp;gardiens&nbsp;\u00bb amis, d&#8217;une prison o\u00f9 il \u00e9tait vou\u00e9 \u00e0 la torture et \u00e0 la mort. L\u00e0 non plus, ce n&#8217;est pas tant l&#8217;histoire de Bola\u00f1o qui m&#8217;int\u00e9resse, \u00e9voqu\u00e9e et trait\u00e9e plus exhaustivement en d&#8217;autres endroits, mais ce que ce r\u00e9cit fictionnel d&#8217;une travers\u00e9e qui n&#8217;est pas la sienne d\u00e9voile d&#8217;un r\u00e9el de son propre temps au-del\u00e0 de sa mort programm\u00e9e qui n&#8217;eut cependant pas lieu ; je veux parler de son statut de survivant et du lieu qui en fut \u00e0 l&#8217;origine. Du statut de celui qui dans un Chili sous le joug de Pinochet o\u00f9 il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un ennemi \u00e0 abattre, r\u00e9ussit \u00e0 vivre au-del\u00e0 de cette vie qui n&#8217;aurait d\u00fb plus \u00eatre. De cette mort promise qui fut sienne, il en a gard\u00e9 sans doute l&#8217;\u00e9cho de la mort des autres, tortur\u00e9s dans les cellules voisines et qui y sont rest\u00e9s, et des silences de la terre chilienne qui recouvre les corps de milliers de disparus. Leurs parents et leurs proches ne renoncent pour autant pas \u00e0 d\u00e9terrer les restes de leurs proches un jour, et ce faisant \u00e0 rendre visible des fragments d&#8217;une catastrophe qui reste voil\u00e9e, recouverte d&#8217;un sarcophage de silence, de n\u00e9cessit\u00e9 faite loi de d\u00e9passer les clivages du pass\u00e9<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Bolano fut lib\u00e9r\u00e9. Il partit en Europe, et devint \u00e9crivain. Sa survie \u00e0 lui, il r\u00e9ussit \u00e0 la transformer en vie de l&#8217;apr\u00e8s-mort-promise, en discontinuit\u00e9 continue, en temps reconquis malgr\u00e9 la prison et les cris des tortures alentour comme signes irr\u00e9m\u00e9diables de sa souffrance \u00e0 venir. Pour autant si le survivant s&#8217;enfuit de sa ge\u00f4le il n&#8217;en part jamais tout \u00e0 fait. Le survivant est irr\u00e9m\u00e9diablement li\u00e9 \u00e0 cet espace clos&nbsp;; un lieu o\u00f9 le temps se fige dans l&#8217;anticipation de sa propre mort. Un lieu o\u00f9 n&#8217;existent plus bient\u00f4t que la certitude de sa propre finitude et son impuissance \u00e0 \u00eatre autre chose qu&#8217;un objet aux mains des bourreaux, \u00e0 l&#8217;\u00eatre d\u00e9j\u00e0 en \u00e9tant enferm\u00e9 l\u00e0, sans jugement ni autre raison que la volont\u00e9 d&#8217;\u00e9craser, d&#8217;humilier, d&#8217;an\u00e9antir. Et ce dont est impr\u00e9gn\u00e9 le survivant apr\u00e8s sa survie improbable, au-del\u00e0 des cloisons de cette quasi-tombe, c&#8217;est du lien permanent \u00e0 l&#8217;horreur de cette mort \u00e0 venir et qui n&#8217;est jamais venue, de l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;y changer quoi que ce soit, de l&#8217;attente sans temps que cela ait lieu. Une attente intemporelle en quelque sorte, forme d&#8217;\u00e9ternit\u00e9 fig\u00e9e dans un temps qui continue pourtant de s&#8217;\u00e9couler, paradoxe touchant au sublime kantien dont le lieu de torture \u00e0 venir devient irr\u00e9m\u00e9diablement pour le futur tortur\u00e9 &#8220;l&#8217;espace et l&#8217;instant&#8221; de conjonction. Bolano fit le r\u00e9cit de sa d\u00e9tention au moins dans deux nouvelles ou contes, <em>carnet de baile<\/em> d&#8217;un recueil publi\u00e9 en 2001, <em>las putas asesinas<\/em>, et <em>detectives<\/em> issue de son premier livre de contes, publi\u00e9 en 1997, <em>Llamadas telef\u00f3nicas<\/em>. Dans <em>Carnet de Baile<\/em>, il ne s&#8217;attarde pas, \u00e9voque \u00e0 peine ce qu&#8217;il ressent, et d\u00e9crit de mani\u00e8re presque froide ce qu&#8217;il imagine \u00eatre bient\u00f4t son sort \u00ab<em>&nbsp;Pens\u00e9 que me iban a matar alli mismo.&nbsp;<\/em>\u00bb ou la fa\u00e7on dont il attend, la nuit venue, son tour aux mains des bourreaux \u00ab&nbsp;<em>De madrugada escuchaba como torturaban a otros, sin poder dormir, sin nada que leer, salvo una revista en ingl\u00e9s que alguien habia olvidado alli y en la que lo unico interesante era un articulo sobre una casa que otro tiempo pertenecio al poeta dylan thomas.<\/em>&nbsp;\u00bb Dans cette \u00e9criture au couteau d\u00e9nu\u00e9e en apparence de la moindre \u00e9motion, quelque chose se dit de l&#8217;ordre de la survie, et des moyens qu&#8217;un condamn\u00e9 \u00e0 la torture et \u00e0 la mort se donne pour continuer \u00e0 vivre malgr\u00e9 tout, \u00e0 ne pas sombrer. La survie de Bola\u00f1o, physique et psychique, a \u00e0 voir ici avec l&#8217;opposition v\u00e9cue entre un lieu d&#8217;enfermement o\u00f9 le temps s&#8217;arr\u00eate dans la certitude d&#8217;une mort \u00e0 venir et une maison \u00ab&nbsp;d&#8217;un autre temps&nbsp;\u00bb, redonnant au temps sa fluidit\u00e9 et une source dans le pass\u00e9&nbsp;; une maison o\u00f9 v\u00e9cut un po\u00e8te gallois, Dylan Thomas, g\u00e9ographie et figure de l&#8217;ext\u00e9rieur redonnant une existence \u00e0 un ailleurs au-del\u00e0 du confinement. Un ailleurs o\u00f9 Bolano n&#8217;est pas physiquement pr\u00e9sent au moment il lit l&#8217;article de ce journal en anglais sur la maison de Dylan Thomas, mais dans lequel il peut se projeter en imagination, en pens\u00e9e et en adresse. Et il s&#8217;y projette d&#8217;autant plus facilement que les po\u00e8tes, dont fait partie Thomas, sont ses ma\u00eetres \u00e0 penser, ses camarades d&#8217;int\u00e9riorit\u00e9, ses rep\u00e8res depuis l&#8217;enfance<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. Aussi, dans Monsieur Pain, du haut<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a> de son \u00e9ternit\u00e9 d&#8217;\u00e9crivain qui surplombe d&#8217;un demi-si\u00e8cle l&#8217;ann\u00e9e de la mort de Vallejo, l&#8217;un de ces po\u00e8tes qui l&#8217;ont accompagn\u00e9 toute sa vie durant, lorsqu&#8217;il met en sc\u00e8ne l&#8217;absence d&#8217;une catastrophe aux cons\u00e9quences visibles dans l&#8217;aquarium d&#8217;un caf\u00e9 parisien \u00e0 la client\u00e8le rare, il nous semble qu&#8217;il mat\u00e9rialise un lieu hybride qui a \u00e0 voir avec sa propre exp\u00e9rience de la survie. L&#8217;aquarium prend en quelque sorte les traits d&#8217;un improbable lieu chim\u00e9rique, \u00e0 mi-chemin entre monde clos et monde ouvert, entre temps arr\u00eat\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur (de soi et de la ge\u00f4le) et temps v\u00e9cu \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, entre non-vie de l&#8217;int\u00e9rieur et non-mort de l&#8217;ext\u00e9rieur; L&#8217;aquarium devient cet \u00ab&nbsp;&nbsp;espace-temps artificiel&nbsp;\u00bb projet\u00e9 hors de Bolano, \u00e0 partir de son exp\u00e9rience, et dans lequel nous pouvons tous regarder&nbsp;; un lieu o\u00f9 le hors-temps int\u00e9rieur (nature \u00ab&nbsp;enferm\u00e9e&nbsp;\u00bb) se m\u00eale au temps (humain) ext\u00e9rieur de la contemplation&nbsp;; un monde clos, \u00e9ternel, permettant au spectateur de s&#8217;y contempler (dans les traces humaines de la catastrophe) alors qu&#8217;il n&#8217;y est pas (ou plus)&nbsp;; un lieu o\u00f9 sont enfouis les d\u00e9j\u00e0 morts de la catastrophe absente mais visible et devenue \u00e9ternelle dans la forme inalt\u00e9r\u00e9e, rendue \u00e0 la nature, de ses traces. Ce que l&#8217;aquarium devient alors, c&#8217;est un lieu de survivance, un lieu recr\u00e9ant l&#8217;int\u00e9riorit\u00e9 muette et hurlante du survivant, comme pour l&#8217;en d\u00e9barrasser, lui donner forme ailleurs afin que d&#8217;autres en soient t\u00e9moins.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La solitude du survivant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Monsieur Pain contemple l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;aquarium, peut-\u00eatre y voit-il un reflet de sa propre histoire. Les trains, de facture allemande, \u00e9ternellement fig\u00e9s et les cadavres enfouis le renvoient \u00e0 son exp\u00e9rience de soldat sur le champ de bataille, et \u00e0 la catastrophe de la grande guerre qui ne se dit pas comme telle dans l&#8217;aquarium mais continue \u00e0 peser en lui, \u00e0 l&#8217;asphyxier. A 21 ans, il eut les deux poumons br\u00fbl\u00e9s \u00e0 Verdun par les gaz ennemis mais il surv\u00e9cut. Il crut sur le moment que c&#8217;\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 sa seule volont\u00e9. Il se rendit compte plus tard que cela avait eu \u00e0 voir avec la chance&nbsp;; B\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;une pension d&#8217;invalide, mais rejetant une soci\u00e9t\u00e9 qui l&#8217;avait plac\u00e9 intentionnellement sur le chemin de la mort, il choisit de s&#8217;enfoncer plus encore dans la pauvret\u00e9 (cette pauvret\u00e9 que partagent les soldats du front, les seuls militaires qui meurent durant les guerres<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>) et adopta les sciences occultes puis le mesm\u00e9risme comme chemin de vie. La fiction constitu\u00e9e par Bolano autour de la vie de Monsieur Pain, qui a semble-t-il r\u00e9ellement exist\u00e9 dans l&#8217;entourage de Cesar Vallejo, donne \u00e0 entendre la difficult\u00e9 du survivant pour faire entendre sa propre histoire et sa solitude apr\u00e8s la catastrophe. Lorsque les m\u00e9decins se demandent comment il a pu survivre malgr\u00e9 ses blessures, ce n&#8217;est pas tant pour l&#8217;entendre donner sa r\u00e9ponse que pour accepter n&#8217;importe quelle explication. Son histoire singuli\u00e8re ne les int\u00e9resse pas. Ce qui leur importe ce n&#8217;est pas qu&#8217;il soit vivant, mais comment il peut ne pas \u00eatre mort comme tous les autres qui finiront enfouis dans les tranch\u00e9es ou enterr\u00e9es l\u00e0, \u00e0 quelques encablures par milliers, par centaines de milliers. Le survivant est seul parce qu&#8217;il a surv\u00e9cu alors que tant d&#8217;autres y sont pass\u00e9s. Et il d\u00e9range, du fait de ce statut inqui\u00e9tant, incompr\u00e9hensible, quasi magique. Aussi Monsieur Pain embrasse-t-il \u00e0 bras le corps la magie inqui\u00e9tante dont il est aur\u00e9ol\u00e9 pour continuer \u00e0 vivre sa solitude de survivant, son \u00e9tat de non-mort qui ne vit plus vraiment&nbsp;; invalide, pauvre, hors-temps social, il fait de la magie, des sciences occultes un lieu de survivance, un lieu qui relie l&#8217;instant \u00e9ternel au pr\u00e9sent temporel<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>, un non-lieu de vie, et un lieu de non-mort.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>&#8220;<em>Au fond de l&#8217;aquariuem, sur du sable tr\u00e8s fin, reposaient des miniatures de bateaux, de trains et d&#8217;avions, dispos\u00e9es de mani\u00e8re \u00e0 simuler des catastrophes, des calamit\u00e9s fig\u00e9es dans un temps artificiel, et au dessus desquels circulaient quelques poissons rouges indiff\u00e9rents.<\/em>&#8220;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a><em>\u00ab&nbsp;Un flot de cadavres, mais aucun \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du train, qui, hors-mis les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par son s\u00e9jour dans l&#8217;eau, \u00e9tait indemne.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a>Voir \u00e0 ce propos les documentaires de Patricio Guzman, et notamment Nostalgia de la Luz (r\u00e9f\u00e9rence)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>R\u00e9f\u00e9rences Carnet de Baile<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a>R\u00e9f\u00e9rence Taubes \u2013 pour juger l&#8217;histoire il faut \u00eatre \u00e0 sa fin, l\u00e0 o\u00f9 elles s&#8217;est arr\u00eat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a>&#8211; \u00ab&nbsp;En cualquier cosa los que luchan en el frente son los pobres, y los que padecen en la retaguardia, tambien. No es asi, Monsieur Pain&nbsp;?<br>&#8211; Tambien mueron algunos oficiales, Robert.<br>En verdad no recordaba haber visto muchos oficiales muertos.<br>Roberto Bolano, Monsieur Pain, P.84<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a>\u00ab&nbsp;Relier l&#8217;instant \u00e9ternel au pr\u00e9sent temporel, c&#8217;est l\u2019\u0153uvre de la magie dont le dernier rejeton est l&#8217;art&nbsp;\u00bb Jacob Taubes, Eschatologie Occidentale, De l&#8217;essence de l&#8217;eschatologie, P.9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;En el fondo de la pecera, sobre una arena muy fina, reposaban miniaturas de barcos, trenes y aviones, ordenados de tal forma que simulaban cat\u00e1strofes, infortunios detenidos en un mismo tiempo artificial, por encima de los cuales circulaban indiferentes algunos peces rojos.&nbsp;[1]\u00bb Roberto Bola\u00f1o, Monsieur Pain Au fond d&#8217;un aquarium, dans un caf\u00e9 presque d\u00e9sert&hellip; <a href=\"https:\/\/chaotidien.fr\/?p=225\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Les loges de la survivance<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/225"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=225"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/225\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}