{"id":211,"date":"2021-02-28T10:58:36","date_gmt":"2021-02-28T10:58:36","guid":{"rendered":"https:\/\/chaotidien.wordpress.com\/?p=211"},"modified":"2021-02-28T10:58:36","modified_gmt":"2021-02-28T10:58:36","slug":"weve-got-to-go-someplace-find-something","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chaotidien.fr\/?p=211","title":{"rendered":"We&#8217;ve got to go someplace, find something."},"content":{"rendered":"\n<p>Jack Kerouac, <em>On the Road<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le rebond.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je regardais une vid\u00e9o d\u2019un cours d\u2019Amy Hungerford, professeur de litt\u00e9rature contemporaine, consacr\u00e9e \u00e0 <em>On the road<\/em> de Jack Kerouac. J\u2019\u00e9tais travers\u00e9 des souvenirs du s\u00e9minaire consacr\u00e9 \u00e0 Kerouac par Jean-Max Gaudilli\u00e8re, accompagn\u00e9 de Fran\u00e7oise Davoine qui prenait alors toutes ses r\u00e9flexions en notes, et auquel j\u2019ai assist\u00e9 et particip\u00e9 en 2012. Ce fut l\u2019ann\u00e9e de plusieurs rencontres. \u00c9ric et Joelle dans le r\u00e9el au pr\u00e9sent. Kurt Vonnegut dans le r\u00e9el au pass\u00e9. Pour ce dernier, ce fut plut\u00f4t l\u2019occasion d\u2019une red\u00e9couverte. Je me souviens de la tristesse \u00e9prouv\u00e9e en 2007 lorsque j\u2019avais appris la mort de Vonnegut. Jean-Max Gaudilli\u00e8re \u00e9tait passionn\u00e9 de litt\u00e9rature, et de litt\u00e9rature am\u00e9ricaine plus particuli\u00e8rement. Il y avait chez lui, et sans doute chez Fran\u00e7oise Davoine \u00e9galement, une admiration profonde pour les \u00c9tats-Unis en g\u00e9n\u00e9ral, m\u00eame si leurs s\u00e9minaires ne traitaient pas exclusivement, loin de l\u00e0, d\u2019auteures am\u00e9ricains, ou de psychanalystes \u00e9tats-uniens. Fran\u00e7oise Davoine avait \u00e9crit un livre sur Don Quichotte, par exemple, et pr\u00e9parait me semble-t-il \u00e0 cette \u00e9poque son livre suivant sur Tristram Shandy. Mais le fait que leurs enfants (puisqu\u2019ils formaient \u00e9galement un couple hors s\u00e9minaire) vivent aux \u00c9tats-Unis, l\u2019un d\u2019entre eux du moins si ma m\u00e9moire ne d\u00e9raille pas trop, faisait pencher la balance critique positivement \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pays dans son ensemble. Et peut-\u00eatre et surtout, le fait qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 accueillis dans leur travail et leurs r\u00e9flexions bien plus favorablement par leurs confr\u00e8res psychanalystes et psychiatres am\u00e9ricains (travaillant plus particuli\u00e8rement sur le trauma), n\u2019y \u00e9tait sans doute pas pour rien. Ce n\u2019est en rien pour r\u00e9duire leur capacit\u00e9 critique que j\u2019\u00e9voque ces deux raisons probables de leur attachement au continent am\u00e9ricain, et \u00e0 ce qui s\u2019y produit ou s\u2019y produisait l\u00e0-bas notamment dans le domaine litt\u00e9raire, mais parce que c\u2019est \u00e0 cet endroit que s\u2019est construit un lien avec eux, et avec Jean-Max Gaudilli\u00e8re notamment. L\u2019ann\u00e9e du s\u00e9minaire \u00e9tait consacr\u00e9e donc \u00e0 <em>On the road<\/em>, et plus largement \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Jack Kerouac. L\u2019intitul\u00e9 du s\u00e9minaire \u00e9tait l\u2019\u00e9criture de la folie me semble-t-il (litt\u00e9rature et folie peut \u00eatre de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rique) et d\u2019une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre, alternativement, Jean-Max Gaudilli\u00e8re et Fran\u00e7oise Davoine proposaient une auteure ou un th\u00e8me et s\u2019y consacraient durant 2 heures chaque semaine le vendredi matin. Gaudilli\u00e8re, avait retrac\u00e9 la biographie de Kerouac, ses origines, son milieu familial, sa langue premi\u00e8re, le fran\u00e7ais du Massachussetts, puis commenc\u00e9 \u00e0 aborder sa litt\u00e9rature. Je me souviens qu\u2019il s\u2019\u00e9tait longuement arr\u00eat\u00e9 sur le rapport entre le Jazz, tel que Kerouac le donnait \u00e0 entendre dans on the road, le <em>beat<\/em>, en tant que mouvement, et l\u2019exp\u00e9rience m\u00eame de Kerouac, sa fa\u00e7on d\u2019entreprendre la litt\u00e9rature. Il parlait d\u2019une volont\u00e9 de d\u00e9crire le monde tel qu\u2019il est, de recouvrir le monde du langage en quelque sorte, d\u2019en faire une deuxi\u00e8me peau litt\u00e9raire semblable \u00e0 sa premi\u00e8re empirique. La continuit\u00e9 du rouleau sur lequel Kerouac \u00e9crivit son manuscrit, le beat fr\u00e9n\u00e9tique du jazz, l\u2019intensit\u00e9 avec laquelle Gaudilli\u00e8re \u00e9voquait la forme de folie particuli\u00e8re \u00e0 Kerouac, et l\u2019admiration qu\u2019il lui portait en quelque sorte, pour la forme d\u2019\u00e9criture de cette folie. Quelque chose me g\u00eanait. Quelque chose d\u2019hybride. Il y avait tout d\u2019abord cette admiration sans frein pour les \u00c9tats-Unis \u00e9voqu\u00e9e plus haut, qui prenait des allures de d\u00e9ni lorsque tous deux \u00e9voquaient leurs rencontres avec des tribus natives et le fait soulign\u00e9 par eux qu\u2019elles cherchaient \u00e0 s\u2019adapter, \u00e0 avancer plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 revenir sur un pass\u00e9 de massacre, ce qui \u00e9tait surprenant de la part de personnes ayant toujours refus\u00e9 de s\u00e9parer histoire et trauma. Et puis il y avait cette admiration pour l\u2019\u00e9criture de Kerouac. Je venais d\u2019achever une ann\u00e9e auparavant la traduction de <em>From Counterculture to cyberculture<\/em> de Fred Turner, et y avait approch\u00e9 le mouvement de la <em>beat generation<\/em>. L\u2019image que j\u2019en avais \u00e9tait celle d\u2019un mouvement apolitique, ou plut\u00f4t qui se d\u00e9sint\u00e9ressait des combats politiques de son \u00e9poque, et pr\u00f4nait une approche <em>spirituelle<\/em> de l\u2019existence, un approfondissement du lien au monde par les drogues, les formes religieuses ou sociales des natifs, la vie en communaut\u00e9 en dehors des villes, la pratique d\u2019un art, les relations sexuelles d\u00e9brid\u00e9es et une certaine forme de neutralisation du temps et de l\u2019espace, de renfermement du monde sur l\u2019exp\u00e9rience du pr\u00e9sent. L\u2019\u00e9poque n\u2019\u00e9tait certes pas dr\u00f4le, guerre froide et peur d\u2019un conflit nucl\u00e9aire terminal, guerre du Vietnam, lutte des noirs pour leurs droits et contre les lois Jim Crow toujours en vigueur, mont\u00e9e en puissance d\u2019un capitalisme identitaire, chasse aux sorci\u00e8res maccarthiste etc. Pour autant, les artistes de la b<em>eat generation <\/em>ne prenaient part \u00e0 aucun des mouvements de r\u00e9sistance existants dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tats-unienne de l\u2019\u00e9poque, privil\u00e9giant comme le rappelait Fred Turner dans l\u2019exemple de Stewart Brand des probl\u00e9matiques qui leur \u00e9taient propres, celles d\u2019am\u00e9ricains m\u00e2les blancs h\u00e9t\u00e9ros bien \u00e9duqu\u00e9s, disposant d\u2019un peu d\u2019argent. Lorsqu\u2019il fut reproch\u00e9 \u00e0 Stewart brand par un lecteur du <em>Whole Earth Catalog<\/em> son isolationnisme, et son inint\u00e9r\u00eat pour les combats des noirs ou des femmes, Brand r\u00e9pondit que la lutte pour les droits civiques \u00e9tait le combat des noirs, pas le sien. A chacun son combat en quelque sorte. Lui se battait pour ne pas devenir un rouage dans une machine sociale sovi\u00e9tique. J\u2019\u00e9tais sans doute encore tr\u00e8s en col\u00e8re, non pas d\u2019avoir traduit ce bouquin, mais de savoir que des personnes comme Brand, Casey ou Kelly avaient fa\u00e7onn\u00e9 notre regard moderne en faisant de l\u2019ordinateur l\u2019espace et l\u2019outil de lib\u00e9ration personnelle au m\u00eame titre que le LSD. Et que nous \u00e9tions tous en quelque sorte les h\u00e9ritiers de ces m\u00e2les blancs privil\u00e9gi\u00e9s, qui avaient peur de dispara\u00eetre dans l\u2019imaginaire politique de l\u2019homme-machine sovi\u00e9tique aux portes des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le, j\u2019avais depuis peu repris la lecture de Kurt Vonnegut, n\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e que Kerouac, \u00e9tranger par sa langue premi\u00e8re \u00e9galement \u00e0 un monde hostile aux allemands dont il \u00e9tait le signe et le repr\u00e9sentant en terres de r\u00e9sistance contre l\u2019Allemagne depuis la premi\u00e8re guerre mondiale. Vonnegut n\u2019avait pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e et avait failli mourir \u00e0 de nombreuses reprises en Europe. Kerouac lui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9 assez rapidement, sur le diagnostic d\u2019un \u00ab&nbsp;trouble de la personnalit\u00e9 Schizo\u00efde&nbsp;\u00bb. Par ailleurs, j\u2019avais \u00e9galement entam\u00e9 la lecture de <em>A people history of the United states<\/em> d\u2019Howard Zinn, entre autres textes rappelant le r\u00f4le des \u00c9tats-Unis depuis leur cr\u00e9ation dans le massacre des populations natives. Le <em>manifest destiny<\/em> d\u00e9crit dans les ann\u00e9es 1840 avant la guerre de conqu\u00eate du Mexique \u00e9tait toujours \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les ann\u00e9es 1960, l\u2019infiniment petit rejoignait l\u2019infiniment grand dans les discours politiques, celui de Kennedy notamment, et les combats des noirs am\u00e9ricains exemplifi\u00e9s par James Baldwin ou Ralph Ellison, en litt\u00e9rature pour le moins, indiquaient la violence faite aux minorit\u00e9s dans le pays de Kerouac et des po\u00e8tes de la <em>Beat<\/em>. Vonnegut n\u2019\u00e9tait pas moins dingue que Kerouac, sans doute sa folie \u00e9tait-elle diff\u00e9rente cependant, puisque toute folie est singuli\u00e8re. Mais son \u00e9criture ne fuyait pas l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un monde destructeur en essayant de le recouvrir par le langage, ou un langage, et en le limitant \u00e0 la seule exp\u00e9rience imm\u00e9diate du voyageur sur la route qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 Kerouac. J\u2019avais r\u00e9agi vivement \u00e0 l\u2019annonce faite par Gaudilli\u00e8re de l\u2019\u00e9criture comme manifestation de la folie dans le corps du texte de Kerouac. Bien \u00e9videmment, cela \u00e9tait sans doute vrai. Mais cette forme de production litt\u00e9raire et de corporalisation de la folie \u00e9tait du m\u00eame ordre \u00e0 mon sens que la r\u00e9ponse de Brand au lecteur du <em>Whole Earth Catalog<\/em>, et manifestait surtout un rapport au monde exigu, referm\u00e9 sur soi et faisant de l\u2019art une forme \u00e0 part, d\u00e9tach\u00e9e du monde dans lequel il \u00e9tait produit. J\u2019avais alors \u00e9voqu\u00e9 Vonnegut et une toute autre direction prise par sa folie et son \u00e9criture&nbsp;; une production litt\u00e9raire qui ne cherchait pas \u00e0 copier le monde et le recouvrir, mais qui cherchait \u00e0 lui donner sens dans l&#8217;\u00e9cart&nbsp;; un \u00e9cart renforc\u00e9 par l\u2019utilisation d\u2019\u00e9l\u00e9ments de science-fiction, mais qui renvoyait \u00e9galement au traumatisme v\u00e9cu par l\u2019auteur qui ne pouvait approcher le c\u0153ur de son mal \u00eatre qu\u2019avec pr\u00e9caution, usant de m\u00e9taphore, d\u2019humour, de personnages \u00e0 la fois tr\u00e8s proches et tr\u00e8s distants. Et Vonnegut prenait parti politiquement contre l\u2019empire \u00e9tats-unien et son entreprise de colonisation militaire et culturelle. Pilgrim de <em>Slaughterhouse 5<\/em> est m\u00e9taphoriquement Vonnegut&nbsp;; c\u2019est un<em> double<\/em> de Vonnegut, mais n\u2019est pas Vonnegut, et c\u2019est dans l\u2019\u00e9cart que la Folie de Vonnegut peut s\u2019installer&nbsp;; non pas se r\u00e9soudre, mais changer de forme, devenir supportable. Vonnegut d\u00e9cida d\u2019arr\u00eater d\u2019\u00e9crire dans les ann\u00e9es 1990 car il disait ne plus rien avoir \u00e0 \u00e9crire (Vonnegut r\u00e9p\u00e9tait les m\u00eames th\u00e8mes dans ses ouvrages qui prenaient souvent des formes similaires de m\u00e9lange d\u2019exp\u00e9rience personnelle et de projection fictionnelle), et choisit une autre forme d\u2019expression, le dessin. Sal Paradise de <em>On the Road<\/em> est litt\u00e9ralement Jack Kerouac. Et rien si ce n\u2019est le nom ne permet de les diff\u00e9rencier. C\u2019est cela que je trouvais insupportable dans l\u2019\u00e9loge faite de la litt\u00e9rature de Kerouac, l\u00e0 o\u00f9 elle inflige une forme de rapport au monde exigu, referm\u00e9 sur soi sous des apparences trompeuses de vertige du voyage, de la d\u00e9couverte, de l\u2019aventure. Gaudilli\u00e8re m\u2019avait interpell\u00e9 en fin de cours, et je lui avais propos\u00e9 de valider le s\u00e9minaire qui comptait dans mon M2 en Arts et Langages sur Vonnegut. Ce travail m\u2019avait valu une tr\u00e8s bonne note en fin d\u2019ann\u00e9e, et lorsque nous nous sommes vus pour sa critique de mon travail (qu\u2019il n\u2019a pas manqu\u00e9 d\u2019accompagner d\u2019une critique du style et des fautes de conjugaison, du subjonctif notamment \u00ab&nbsp;<em>apr\u00e8s que demande l\u2019indicatif&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb), il m\u2019avait surpris en m\u2019annon\u00e7ant qu\u2019il allait choisir Vonnegut dans le cadre de son s\u00e9minaire en 2014, \u00ab&nbsp;<em>pas tant parce que vous m\u2019avez propos\u00e9 ce travail m\u00eame si je ne connaissais pas Vonnegut, mais surtout parce que mon fils est en train de lire toute l\u2019\u0153uvre de Vonnegut<\/em>&nbsp;\u00bb. Cela m\u2019avait fait sourire. Je me disais qu\u2019il devait \u00eatre difficile pour lui d\u2019admettre qu\u2019un inconnu lui avait donn\u00e9 une id\u00e9e de s\u00e9minaire, et il fallait bien faire de son enfant, \u00e9tats-unien d\u2019adoption et lecteur de \u00ab&nbsp;Tout&nbsp;\u00bb Vonnegut, la source de son d\u00e9sir. J\u2019\u00e9tais \u00e0 la fois \u00ab&nbsp;honor\u00e9&nbsp;\u00bb de ce demi-aveu, et un peu abattu, renvoy\u00e9 \u00e0 ma vieille peur de ne pas \u00ab&nbsp;\u00eatre assez&nbsp;\u00bb, et donc de ne pas faire assez, m\u00eame si les deux ne sont li\u00e9s que dans ma propre folie. Il avait \u00e0 la fois, consciemment ou non, donn\u00e9 raison \u00e0 ma col\u00e8re, et montr\u00e9 son insuffisance. Pour le dire un peu vite. Il y eut tout de m\u00eame le projet de traduire <em>Timequake<\/em> et une rencontre avec Gaudilli\u00e8re dans ce cadre qui aurait sans doute beaucoup aim\u00e9 que cela se fasse. Puis, nous avons appris que Gallmeister avait rachet\u00e9 les droits de traduction des romans de l\u2019auteur. Puis Jean Max Gaudilli\u00e8re est tomb\u00e9 malade.<\/p>\n\n\n\n<p>Six ans plus tard, en pleine p\u00e9riode de confinement, alors que je cherche un souffle dans l\u2019\u00e9crasement du temps et de l\u2019espace que cette p\u00e9riode impose, je regarde la vid\u00e9o du s\u00e9minaire d\u2019Amy Hungerford consacr\u00e9e \u00e0 Kerouac, et trouve un point d\u2019ancrage historique, empirique et intellectuel. Sa lecture, qui pr\u00e9c\u00e8de la mienne, indique un Kerouac rendant plus hommage \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 consum\u00e9riste en pleine expansion qu\u2019\u00e0 une communaut\u00e9 d\u2019hommes et de femmes libres. La qu\u00eate d\u2019un langage comme exacte reproduction du monde v\u00e9cu, n\u2019est pas tant une qu\u00eate d\u2019affranchissement, de lib\u00e9ration, de sortie de folie par le monde pour l\u2019auteur, mais une tentative d\u2019enfermer le monde, de le r\u00e9duire \u00e0 sa seule exp\u00e9rience personnelle, tout en pr\u00f4nant son immensit\u00e9. Cela n\u2019est pas bien diff\u00e9rent de l\u2019entreprise plus large \u00e9tats-unienne de se d\u00e9faire des \u00ab&nbsp;limites&nbsp;\u00bb du monde en invoquant l\u2019infiniment grand (conqu\u00eate spatiale) et l\u2019infiniment petit (conqu\u00eate mol\u00e9culaire et atomique) et d\u2019identifier le progr\u00e8s au d\u00e9passement de ces limites. Il s\u2019agit toujours et encore de la m\u00eame d\u00e9marche d\u2019un <em>manifest destiny<\/em> qui consiste non pas \u00e0 \u00e9largir le monde, mais le restreindre \u00e0 une forme de pens\u00e9e, de discours, de langage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mondes ouverts, monde ferm\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<em>We&#8217;ve got to go someplace, find something.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cet extrait de Kerouac sonne comme une proph\u00e9tie. C&#8217;est une boucle. Et c&#8217;est un \u00e9ternel recommencement. Il ne s&#8217;agit pas de l&#8217;\u00e9ternel recommencement de l&#8217;exp\u00e9rience (de la r\u00e9p\u00e9tition et donc de la diff\u00e9rence), mais de l&#8217;\u00e9ternel recommencement de toute chose. Temps z\u00e9ro. Il y a l\u00e0 l&#8217;\u00e9cho de la fuite du monde, de l&#8217;oppression sociale et politique, de la n\u00e9cessit\u00e9 de vivre, de la survie comme mode de vie. Etonnamment, le \u00ab&nbsp;we&nbsp;\u00bb sonne comme un \u00ab&nbsp;Je&nbsp;\u00bb qui englobe le monde plus qu&#8217;il ne se relie \u00e0 lui par la pr\u00e9sence de l&#8217;autre. C&#8217;est un \u00ab&nbsp;Nous&nbsp;\u00bb ou peut-\u00eatre un \u00ab&nbsp;On&nbsp;\u00bb qui part du je, qui donne au \u00ab&nbsp;Je&nbsp;\u00bb la place du <em>starting block<\/em>, du compteur remis \u00e0 z\u00e9ro, car il faut bien partir de quelque part pour aller quelque part, trouver quelque chose. L&#8217;errance semble valoris\u00e9e, le cheminement, ce moment o\u00f9 on se fie aux \u00e9toiles, au bruit de nos semelles sur la terre, \u00e0 la bourrasque dans le buisson juste devant, au frisson de bas de t-shirt mouill\u00e9, l&#8217;instant o\u00f9 l&#8217;on ne pense plus, o\u00f9 l&#8217;on \u00e9crit, marche, mart\u00e8le, dessine, et que le temps se dilue dans le faire. Cela pourrait sonner comme une ode au temps pr\u00e9sent, \u00e0 l&#8217;insouciance, au <em>carpe diem<\/em> du cercle des po\u00e8tes disparus, \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la pens\u00e9e disparue, \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 de l&#8217;acte couronn\u00e9, \u00e0 son avant et son apr\u00e8s qui ne sont qu&#8217;une seule et m\u00eame intention. Mais quelque chose cloche justement. Il y a l\u00e0 une insistance, une pr\u00e9sence mal\u00e9fique, un genou au milieu du dos, un canon sur la tempe. D&#8217;abord l&#8217;injonction. Il faut. Nous devons. <em>On doit<\/em>. Y a pas le choix. C&#8217;est comme \u00e7a. <em>We&#8217;ve got to<\/em>. C&#8217;est visc\u00e9ral, on doit sortir de l\u00e0. Le prisonnier qui d\u00e9barque dans sa cellule apr\u00e8s le jugement. Il doit sortir de l\u00e0. L&#8217;ado au pied de son lit qui n&#8217;a plus de larmes. Elle doit sortir de l\u00e0. Les cambrioleurs, quelques liasses restantes, gorges s\u00e8ches, mains moites, la sir\u00e8ne au loin. <em>We&#8217;ve got to go<\/em>. C&#8217;est l&#8217;urgence qui donne le ton. Elle est motrice. Et le moment de r\u00e9alisation que l&#8217;urgence est \u00e0 notre porte, cr\u00e9e un point dans le temps et l&#8217;espace, dans l&#8217;exp\u00e9rience qui rend palpable ce temps et cet espace, un point fixe, un point de d\u00e9part, un point de non-retour. <em>We&#8217;ve got to go<\/em>. On ne peut pas rester \u00ab&nbsp;l\u00e0&nbsp;\u00bb, en ce point \u00ab&nbsp;l\u00e0&nbsp;\u00bb. L&#8217;urgence rend invivable l&#8217;endroit et le moment d&#8217;o\u00f9 l&#8217;urgence est v\u00e9cue. Apr\u00e8s avoir rendu le pr\u00e9sent invivable comme tel, elle impose de faire de soi le transformateur du temps et de l&#8217;espace constituant ce pr\u00e9sent. <em>We&#8217;ve got to go<\/em>. Bien s\u00fbr, il y a prise de conscience, il y a d\u00e9cision, il y a l\u00e0 un hommage appuy\u00e9 \u00e0 la force de celle ou celui qui prend conscience de l&#8217;imp\u00e9ratif. D&#8217;autres restent sans doute. D&#8217;autres ing\u00e8rent l&#8217;urgence, l&#8217;enfouissent, la nient. Tandis que ce \u00ab&nbsp;we&nbsp;\u00bb l\u00e0 se d\u00e9bat. Et s&#8217;appr\u00eate \u00e0 triompher de ce qui provoqua l&#8217;urgence. \u00ab&nbsp;<em>We&#8217;ve got to get out of here&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. Et puis, lorsque ce \u00ab&nbsp;we&nbsp;\u00bb l\u00e0 est bien d\u00e9cid\u00e9, lorsque les postillons de la r\u00e9volte sont encore frais sur le miroir ce matin-l\u00e0 de la r\u00e9alisation que plus rien ne devra \u00eatre comme avant, l&#8217;intention se pr\u00e9cise, et le \u00ab&nbsp;<em>here<\/em>&nbsp;\u00bb du d\u00e9sarroi peut enfin se transformer en \u00ab&nbsp;<em>there<\/em>&nbsp;\u00bb de l&#8217;espoir. Mais en r\u00e9alit\u00e9, le <em>there<\/em> n&#8217;est pas l\u00e0. Pas encore l\u00e0. Ou bien juste en filigrane. Comme une intention lointaine qu&#8217;on ne sait pas encore comment atteindre. Et \u00ab&nbsp;we&#8217;ve got to go&nbsp;\u00bb se prolonge d&#8217;un <em>someplace, <\/em>d&#8217;un ailleurs ind\u00e9fini<em>, <\/em>d&#8217;un \u00ab&nbsp;quelque part&nbsp;\u00bb qui n&#8217;est pas le <em>here <\/em>de l&#8217;urgence v\u00e9cue. Le mouvement induit par \u00ab&nbsp;<em>we&#8217;ve got to go<\/em>&nbsp;\u00bb donnera la premi\u00e8re tonalit\u00e9, la premi\u00e8re texture \u00e0 l&#8217;imaginaire du \u00ab&nbsp;<em>someplace<\/em>&nbsp;\u00bb, on part d&#8217;ici pour aller quelque part, mais on ne sait pas o\u00f9. Seulement partir signifie prendre une direction, \u00e0 droite, \u00e0 gauche, devant, derri\u00e8re, en haut, en bas, le long du mur, le long de l&#8217;\u00e9cole&#8230; L&#8217;urgence est impitoyable&nbsp;; soit on reste et on cr\u00e8ve, soit on bouge et on vit. Le mouvement importe, le <em>someplace<\/em> viendra \u00e0 mesure que le mouvement se dessinera. Il y a l\u00e0 quelque chose d&#8217;un hommage \u00e9galement au cheminement, \u00e0 la force du mouvement, et \u00e0 ce qu&#8217;on d\u00e9place avec soi comme intention m\u00eame fant\u00f4matique. Partir pour aller quelque part. Mais partir d&#8217;abord. C&#8217;est un voyage et un voyage ne demande pas forc\u00e9ment de \u00ab&nbsp;savoir&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;conna\u00eetre&nbsp;\u00bb l\u00e0-o\u00f9 on va. On peut imaginer un quelque part, comme Sal Paradise imagine l&#8217;ouest \u00e9tats-unien en partance de New York, mais l\u00e0 o\u00f9 on arrive n&#8217;est jamais vraiment l\u00e0 o\u00f9 on imaginait partir. Seulement voil\u00e0. Ce que nous rappelle Amy Hungerford dans son s\u00e9minaire sur <em>On the road<\/em>, c&#8217;est que cette recherche d&#8217;un ailleurs, qui d\u00e9termine le fait de \u00ab&nbsp;trouver quelque chose&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;<em>find something<\/em>&nbsp;\u00bb, (<em>someplace<\/em> et <em>something<\/em> deviennnent quasi synonymes dans la qu\u00eate de Paradise, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de donner forme dans la langue \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience en tant que telle, au monde en tant que tel&nbsp;; cependant cette qu\u00eate de l&#8217;ailleurs, le mouvement vers <em>someplace<\/em> est n\u00e9cessaire pour que <em>something<\/em> soit trouv\u00e9), se fait dans un cadre bien pr\u00e9cis, celui d&#8217;un milieu d&#8217;intellectuels produisant de la po\u00e9sie et fascin\u00e9 par les gens du vrai monde, et s&#8217;appuie sur des choses qui n&#8217;ont rien d&#8217;utopique dont l&#8217;argent en premier lieu. Si Sal Paradise peut partir lors d&#8217;une de ses vir\u00e9es dans le livre, c&#8217;est parce qu&#8217;une amie vient de lui pr\u00eater 100 dollars. En second lieu, ces vir\u00e9es finissent toujours par un retour \u00ab&nbsp;en famille&nbsp;\u00bb, ce ne sont que de faux d\u00e9parts, des d\u00e9parts pour mieux revenir \u00e0 l&#8217;endroit toujours fixe de l&#8217;urgence v\u00e9cue pr\u00e9c\u00e9demment. Enfin et surtout, Sal Paradise ne sort pas de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation qu&#8217;il semblait pourtant d\u00e9noncer par un appel \u00e0 l&#8217;aventure, au voyage, au hasard&#8230; lorsqu&#8217;il revient avec un peu d&#8217;argent en poche dans sa famille apr\u00e8s un p\u00e9riple, il ach\u00e8te un r\u00e9frig\u00e9rateur \u00e9lectrique, le premier de la famille. Peut-\u00eatre la pire des choses \u00e0 mon sens, c&#8217;est le fait de prendre la figure de l&#8217;autre, de celui qui fait r\u00eaver, Dean Moriarty, comme un mod\u00e8le, une forme de vie admirable en soi, pour sa mani\u00e8re de parler, d&#8217;\u00eatre, de baiser&#8230; et de vouloir \u00eatre lui ou elle, et donc de s&#8217;en approcher, de vivre \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, de le laisser se dire, de discuter avec lui ou elle, puis un jour de revenir chez soi, riche de cette forme d&#8217;exp\u00e9rience vampirique, et de ne voir toutes les personnes rencontr\u00e9es que sous la forme de figures, celles du noir, du mexicain, m\u00eame s&#8217;ils ne sont pas donn\u00e9s \u00e0 entendre comme tels, mais par des expressions de visage, des rires, des corpulences&#8230; tandis que celles et ceux-l\u00e0 m\u00eames qui fascinaient tant et qui sont devenues des personnages, des figures, des instances dans la langue des po\u00e8tes du beat, continuent par ailleurs de gal\u00e9rer dans leur monde, attach\u00e9es \u00e0 leur histoire et incapable de \u00ab&nbsp;<em>go someplace<\/em>&nbsp;\u00bb <em>else<\/em>&#8230; Lorsque les communalistes d\u00e9crits par Fred Turner partirent \u00e0 l&#8217;aventure, vers la nature, hors des villes, ils achet\u00e8rent \u00e0 bas prix des maisons de paysans oblig\u00e9s de quitter leur terre, qui vinrent s&#8217;amasser dans les banlieues des villes en question, incapables de trouver de quoi se loger d\u00e9cemment avec l&#8217;argent r\u00e9colt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout semble \u00e9cras\u00e9 historiquement, ne reste plus que l&#8217;exp\u00e9rience de l&#8217;instant et sa saisie comme fin en soi, sa saisie sous forme de mot, mais avant cela sous forme de \u00ab&nbsp;consommation avide&nbsp;\u00bb, d&#8217;absorption, de fascination exerc\u00e9 par l&#8217;autre dans son \u00ab&nbsp;jus&nbsp;\u00bb et d&#8217;admiration pour la nature de ce qui est l\u00e0, diff\u00e9rent, et que la langue de Kerouac peut redonner \u00e0 vivre, peut faire sentir exactement comme elle a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue. Aucun \u00e9cart n&#8217;est possible. Le mouve ouvert du voyage annonc\u00e9 par \u00ab&nbsp;<em>We&#8217;ve got to go someplace, find something<\/em>&nbsp;\u00bb se r\u00e9v\u00e8le en v\u00e9rit\u00e9 un monde ferm\u00e9 dans et par la langue qui le retrace.<\/p>\n\n\n\n<p><em>There is a relentless seeking sense that&#8217;s at the heart of this work.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>The search for a language as the adequate analog to experience, a language that is itself a kind of experience, and further, that is an ecstatic, mystical kind of experience.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Absolute immersion in the culture of consumption.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce \u00e0 quoi m&#8217;a fait songer \u00e9galement ce \u00ab&nbsp;<em>we&#8217;ve got to go someplace, find something<\/em>&nbsp;\u00bb, c&#8217;est aux jeux vid\u00e9o de survie, comme <em>Scum<\/em>, <em>Dayz<\/em>, ou d&#8217;autres encore dans lesquels les joueurs n&#8217;ont pas de qu\u00eate \u00e0 poursuivre, d\u2019objectifs \u00e0 atteindre, de mission \u00e0 accomplir, ni ne suivent une forme de narration vid\u00e9oludique, mais doivent simplement trouver de quoi se nourrir, boire, stocker des provisions et des armes et survivre le plus longtemps possible, sous la menace de zombies, de machines ou encore et surtout d&#8217;autres joueurs qui se retrouvent \u00ab&nbsp;en ligne&nbsp;\u00bb au m\u00eame moment. Lorsqu&#8217;on commence une session de jeu, qui n&#8217;est pas vraiment une \u00ab&nbsp;partie&nbsp;\u00bb avec un d\u00e9but et une fin, il n&#8217;y a qu&#8217;un objectif&nbsp;: survivre. Ce qui signifie imp\u00e9rativement d&#8217;aller quelque part (Pour les plus t\u00e9m\u00e9raires, les endroits o\u00f9 le <em>Player Versus Player<\/em> est le plus fr\u00e9quent) de trouver quelque chose (des armes, de la nourriture, des v\u00eatements, des outils&#8230;). Et lorsqu\u2019un \u00ab&nbsp;personnage&nbsp;\u00bb, sans nom, sans histoire, meurt dans le jeu, un autre \u00ab&nbsp;personnage&nbsp;\u00bb peut <em>respawn<\/em> (r\u00e9appara\u00eetre, ou rena\u00eetre) quelque 15 \u00e0 45 secondes plus tard, \u00e0 un endroit al\u00e9atoire de la \u00ab&nbsp;carte&nbsp;\u00bb qui est d\u00e9finitivement devenue le territoire, et reconqu\u00e9rir habits, nourriture, et armes. Le sac \u00e0 dos \u00e9tant une priorit\u00e9 absolue puisqu\u2019il faut bien transporter ses provisions pour aller quelque part. La chose la plus int\u00e9ressante dans ces jeux, c\u2019est que les objets collectables par les joueurs \/personnages <em>respawn<\/em> \u00e9galement&nbsp;; pas au m\u00eame endroit, pas au m\u00eame moment, mais les administrateurs de serveurs sur lesquels sont h\u00e9berg\u00e9s les sessions de jeu multi-joueurs (pouvant accueillir jusqu\u2019\u00e0 environ 100 joueurs) d\u00e9terminent la fr\u00e9quence des r\u00e9apparitions d\u2019objets sur la carte, et la nature de ces objets (plus ou moins de nourriture, de v\u00eatements, d\u2019armes, de munitions etc). Il y a l\u00e0 un vrai paradis perdu d\u2019objets, et l\u2019imaginaire utopiste d\u2019un capitalisme comme corne d\u2019abondance, gr\u00e2ce auquel il est possible de consommer sans interruption, sans lien avec le monde r\u00e9el de la production des objets consomm\u00e9s. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit ailleurs, mais les jeux vid\u00e9o ne sont pas les premiers \u00e0 avoir assum\u00e9 cette qualit\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e du capitalisme, ou \u00e0 l\u2019avoir mise en sc\u00e8ne&nbsp;; je pense en particulier \u00e0 <em>Dhalgren<\/em> de Samuel Delasny. D\u00e9barqu\u00e9s dans la ville \u00ab&nbsp;mythique&nbsp;\u00bb de Bellona, les jeunes hommes et femmes en qu\u00eate d\u2019ailleurs se soucient peu de la catastrophe qui a fait fuir la population. Ils et elles s\u2019y installent, semblent re-d\u00e9couvrir le monde, vivre de nouveau en harmonie, et ne soucient aucunement du fait que dans les supermarch\u00e9s abandonn\u00e9s par leurs propri\u00e9taires, les objets \u00ab&nbsp;<em>respawn<\/em>&nbsp;\u00bb, comme par miracle, leur permettant de vivre leur illusion le ventre plein.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jack Kerouac, On the Road Le rebond. Je regardais une vid\u00e9o d\u2019un cours d\u2019Amy Hungerford, professeur de litt\u00e9rature contemporaine, consacr\u00e9e \u00e0 On the road de Jack Kerouac. J\u2019\u00e9tais travers\u00e9 des souvenirs du s\u00e9minaire consacr\u00e9 \u00e0 Kerouac par Jean-Max Gaudilli\u00e8re, accompagn\u00e9 de Fran\u00e7oise Davoine qui prenait alors toutes ses r\u00e9flexions en notes, et auquel j\u2019ai assist\u00e9&hellip; <a href=\"https:\/\/chaotidien.fr\/?p=211\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">We&#8217;ve got to go someplace, find something.<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/211"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=211"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/211\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chaotidien.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}